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Le
nom du groupe (inévitablement éphémère ou, en tout cas,
irrégulier quand on sait les différences géographiques
des six instrumentistes réunis il y a deux ans à Valence)
et l'ouverture de l'album avec Alacant, ville natale du
batteur, affichent d'emblée l'origine, l'inspiration de
son drumming : Max Roach, à qui renvoie, très
explicitement, la séquence inaugurale de cymbale
équivalant à un hommage préalable (comme une citation en
exergue d'un ouvrage). A partir de là c'est une sorte de
tapisserie collective qui se tisse à nos oreilles, tout
en douceurs et retenues, quasi pointilliste, chaque
ligne instrumentale restant d'une parfaite lisibilité
(ce qui est plutôt rare dans ce genre d'aventure
apparemment sans hiérarchie). Soit un vaste entrelacs de
"crises" individuelles, staccatos et solos brefs qui
jamais ne s'occultent l'un l'autre, jusqu'à former un de
ces conglomérats à l'hétérogénéité passionnante et (parce
qu') évidente. C'est dire que chacun des improvisateurs,
qui fait montre d'une vertu et d'une intelligence pour
lesquelles le terme "virtuosité" serait fade et
réducteur, tire brillamment son épingle de ce jeu qu'on
pourrait croire bordélique. D'où le sentiment, le
plaisir, de découvrir un authentique free all-star, avec
une mention particulière pour l'oxymorique guitariste
Joe Morris, inventeur méconnu d'un singulier free
cantabile. Et tout cela par la grâce d'un catalyseur
nommé Ramon Lopez.
PHILIPPE CARLES / JAZZ MAGAZINE N° 618 OCTOBRE 2010

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Casting
de luxe pour le batteur d'Alicante qui a décidément le
vent en poupe et peut enfin contempler ses voiles
gonflées d'avenir. Depuis ses débuts en autodidacte,
Ramon Lopez n'a eu de cesse d'évoluer au contact du
jazz, de la musique indienne ou du flamenco, des solos
intégraux en grandes formations et de projets personnels
en participations fécondes, allant jusqu'à transcender
une certaine tendance à la surenchère, qui pouvait
parfois nuire a la qualité de son écoute, en une
appropriation spontanée des désirs et passions de chacun.
En l'an 2000, "Songs of the Spanish Civil War" nous
avait déjà prouvé son aptitude à fédérer quelques
personnalités marquantes (Benat Achiary, Daunik Lazro,
Thierry Madiot, Paul Rogers) autour d'un sujet singulier.
Un coup d'essai qui ne manqua, pour s'ériger en coup de
maître, que de quelques concerts. De même, il y a de
cela quatre ans, Ramon s'alliait au pianiste espagnol
Agusti Fernandez et au contrebassiste anglais Barry Guy
pour enregistrer un recueil de ballades intitulé
"Aurora". Les avis s'étaient alors partagé entre
inconditionnels et amateurs plus dubitatifs qui
remettaient en cause la capacité de tels instrumentistes
à remiser leur fougue naturelle au fond de leur musette
pour ne se concentrer que sur la délicate interprétation
de chansons intimistes. Le présent Freedom Now Sextet
apparait donc comme une extension du précédent trio avec,
cependant, une différence de taille. Si les deux disques
précités laissaient libre cours à la créativité de leurs
protagonistes, ils n'en reposaient pas moins sur une
thématique spécifique annoncé d'entrée de jeu.
"Valencia" va plus loin encore et quitte les sentiers
balisés de l'écriture pour s'égayer en pleine nature et
visiter, sans boussole ni carte d'état-major, les
espaces infinis de l'improvisation libre.
A tout seigneur tout honneur, cela commence par un solo
de charleston. Exit tambours, tablas et cajon! Place a
l'unique vibration d'une hi-hat plus ou moins ouverte...
Ou fermée! Puis c'est la guitare de l'americain Joe
Morris, dont le son directement issu de l'ampli m'a
toujours évoqué celui de Philip Gibbs ou John Adams, qui
se lance dans un duo virtuose avec le piano de Fernandez
avant que la trompette de son compatriote Herb Robertson
ne vienne virevolter au-dessus du tempo imposé par le
batteur et le bassiste. Plus discret, le ténor du
brésilien Ivo Perelman participe au son d'ensemble, se
lie aux cordes de Barry Guy, trouve sa place dans les
fondations de la structure en perpétuelle construction...
Mais à quoi bon de tenter de décrire un tel disque?
Freedom Now Sextet... Au-delà de l'hommage rendu par un
batteur à un autre, Max Roach ayant définitivement
influencé notre percussionniste depuis ce fameux concert
auquel il assista en 1980, l'intitulé du groupe
ressemble à s'y méprendre à une déclaration d'intention.
La liberté maintenant? Ok! Alors commençons déjà pour
jouer libre! Déshabillons le vieil homme et ne gardons
de ses oripeaux que certaines couleurs, le bâti d'une
forme, la solidité d'une matière. Le sextet joue donc
librement, mais se déplace rarement en groupe compact.
Plutôt qu'en une longue suite débridée à laquelle chacun
apporterait une contribution constante et plus ou moins
pertinente, l'ensemble de l'album évolue en petites
formations se créant et se déliant à mesure qu'avance le
temps. Autour du noyau constitué par le batteur, les
électrons s'amalgament et se repoussent, définissent des
atomes diverses aux particularités singulières, Joe
Morris et Barry Guy sont les plus présents, mais
laissent également leur place quand le souci de la
teinte l'exige et les duos, trios ou quartets
s'organisent ainsi dans l'évidence du besoin, attirés
l'un vers l'autre comme magnétiquement.
Pulsion vitale des balais hypnotiques, rigueur de
l'archet tirant ses lignes sur la colonne vertébrale du
groupe, éparpillements attentifs des touches sur le
manche ou le clavier, plainte et soudaine révolution du
cuivre survolant le paysage ou fouillant les décombres...
Le Freedom Now Sextet de Ramon Lopez, saisi dans toute
sa vigueur au Festival Xàbia Jazz de Valence, les 6 et 8
août 2009, est tout simplement l'une des plus belles
choses qui soient arrivées à la musique que nous aimos
depuis pas mal de temps.
Pourquoi ai-je pensé à Evan Parker durant toute l'écoute?
Je serais, par contre, bien incapable de le dire...
Barry Guy, peut-être... Ou Agusti Fernandez...
JOEL PAGIER / IMPROJAZZ N° 171 JANVIER 2011
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En
jazz, on oppose souvent le batteur au percussionniste,
le premier étant principalement considéré comme pur
rythmicien, frappeurs de peaux et charleston intraitable,
le second essentiellement coloriste, frotteur de
cymbales et autres accessoires sonores insolites. Ramon
Lopez est batteur, et pourtant il ne joue comme personne
(comme aucun autre batteur “actuel“, genre gros son
amplifié), et il est percussionniste car il utilise avec
science et spontanéité timbres variés et bruts,
sonorités naturelles, nuances et “bruits“, résonance ou,
au contraire, matité. Frappe précise d’une part,
grincements et frottements de l’autre, je le sens un peu
comme l’un des meilleurs “enfants“ d’Han Bennink.
Toutes les facettes de son jeu sont perceptibles dans
cette rencontre de haut vol qu’il avait rassemblé pour
le festival Xàbia Jazz à Valence, au nord de sa ville
natale, Alicante, titre du premier morceau, un solo de
cymbales qui donne le coup d’envoi du projet : un
hommage sincère à Max Roach et un rappel de sa « Freedom
Now Suite ». Familier des rencontres spontanées comme
des groupes plus structurés (voir l’excellent disque de
Bruno Angellini chroniqué par Michel Delorme), Ramon
Lopez est ici entouré par le contrebassiste anglais
Barry Guy et le pianiste Agusti Fernandez avec qui il a
souvent échangé, en disque comme en concert, et par
trois improvisateurs américains réputés, Herb Robertson,
Ivo Perelman et Joe Morris. Mais tous ces gens ne
foncent pas ensemble tête baissée dans une improvisation
débridée. Ils ne sont que rarement présents tous les six,
et ce sont surtout des trios qui composent ce disque,
Morris (passionnant) et Guy étant les plus sollicités,
Perelman le plus en retrait. Mais une courte
intervention de trompette bouchée ou quelques touches de
piano ajoutent une couleur particulièrement pertinente
et relancent, avec justesse et précision, le jeu qui se
déroule. Varié et cohérent, exigeant et sans concessions,
ce disque propose une véritable suite d’improvisations à
la fois denses, subtiles et profondes.
Une musique forte et pleine d’humanité, à l’image de ce
grand et bon musicien qu’est Ramon Lopez.
JEAN BUZELIN / CULTURE JAZZ.net 2010
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Para
un aficionado al free jazz o a la libre improvisación,
la mera contemplación de los nombres que forman el
Freedom Now Sextet puede poner a trabajar sus glándulas
salivales. Ramón López dibuja en Valencia una especie de
autorretrato, que parte de su tierra y su amor por Max
Roach y se extiende por la(s) mucha(s) música(s) que ha
ido desarrollando a lo largo del camino. Para ello, nada
mejor que rodearse de colaboradores habituales y músicos
afines, todos ellos soberbios. Ninguno doblega su
personalidad sino todo lo contrario: el instrumento y
las composiciones de López son la espina dorsal de
Valencia, y sobre ella se construyen multitud de
discursos, siempre convergentes y bien ensamblados. La
presencia más fuerte, aparte la del líder, es la del
gran Agustí Fernandez (algo muy natural) y yo,
personalmente, he disfrutado de lo lindo con Joe Morris.
Conozcan o no Valencia, disfrutarla a través de la
visión de López merece la pena.
YAHVE M. DE LA CAVADA / CUADERNOS DE JAZZ 2010
★★★★
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Los
verdaderos artistas de vanguardia siempre han sabido
reconocer cuáles son sus raíces y quiénes son sus
maestros. No es Ramón López una excepción, como vemos en
este disco que rinde homenaje a su tierra con un grupo
que, desde el nombre, es un tributo a quien él considera
su gran maestro, Max Roach.
La altura de los nombres convocados para integrar el
sexteto, libre improvisadores de primera línea, lejos de
hacer sombra a la figura de López, la potencian,
aglutinándose en torno a la batería del alicantino, como
si cada instrumento tejiese una extensión de la
percusión.
La cohesión del grupo es admirable, destacando –en este
sentido– el núcleo que conforman Agustí Fernández, Barry
Guy y Ramón López. Todos se mueven con libertad pero
nadie se aparta del discurso orgánico del conjunto ni
del universo sonoro del percusionista, como podemos
admirar especialmente en la estupenda “Llotja de la
seda”.
El recorrido por el disco –registro fruto de un encargo
del Festival Xábia Jazz– está plagado de climas áridos y
coloristas, disonancias expresivas y aventuras atonales
que entusiasmarán de principio a fin a los oídos amigos
del free jazz y la libre improvisación. ¿Para cuándo
nuevas presentaciones en directo?
SERGIO ZENI / TOMAJAZZ.COM
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